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  • Fabian Féraux

Retour aux sources

Par Vanessa Paulus – designer chez PADIA - juillet 2020.


22 mars 2016, autours des 8h30, je monte dans le train Genval – Bruxelles.  J’ai dû une fois de plus « jeter »  mes enfants de 6 et 3 ans à l’école pour ne pas être en retard.


Comme tous les jours, je rejoins mon boulot d’ingénieur en construction dans une grande multinationale; boulot somme tout très intéressant mais très tourné vers le profit, sans réelle durabilité. 


Déjà à cette époque, je suis consciente des enjeux environnementaux et climatiques ; et désemparée par le manque d’initiatives du monde politique à cet égard. En consultant les news sur mon smartphone, je me rends compte qu’un attentat a eu lieu dans l’aéroport de Zaventem ! Effroyable ! Le stress monte.


Nous arrivons en gare de Schumann, les gens sortent du train comme d’habitude… puis ils commencent à hurler : une bombe a explosé, une bombe a explosé (à Maelbeek juste à côté) ! Toutes les personnes de la gare se précipitent dans mon train pour s’enfuir, le train repart, un grand silence règne. C’est glaçant. 

Je me demande vraiment ce que je fais là.

Quel est l’intérêt de vivre à 1000 à l’heure, de bosser comme une dingue, de ne pas voir grandir mes enfants, de polluer à outrance et m’épuiser; tout ça alors que la vie ne tient à rien, en un instant tout peut voler en éclat !


Après cet évènement, je reste quelques jours chez moi. La journée je suis seule, toujours fort choquée. Je vais au cinéma voir le film « Demain ».  Je découvre alors que certaines personnes montent de projets favorables à notre Mère Nature et à la redéfinition de notre société. Le projet du Bec Hellouin semblait répondre à un idéal dont je rêvais, à la problématique de la sécurité alimentaire en respectant le vivant et à la problématique de la qualité de la nourriture. Commence alors une recherche sur le net de tout ce qui existe sur le sujet. Je découvre les techniques de culture naturelle, appelée Permaculture. Je m’intéresse également à la collapsologie et lit Pablo Servigne. 


Je me sens très seule et incomprise par le monde qui m’entoure et révoltée par le manque d’intérêt des gens pour la problématique, alors que notre maison brûle !

Je m’inscris à une formation en Permaculture (l’équivalent du Cours Certifié en Permaculture mais durant une année scolaire) chez Terre & Conscience. Elle me fait découvrir que la Permaculture n’est pas une technique de culture potagère mais une philosophie. Elle m’ouvre à bien des aspects du monde du vivant : le sol, les arbres, les fruits, les légumes, les champignons, … mais surtout me fait découvrir un groupe de personnes ayant les mêmes préoccupations que moi, la même sensibilité. 

La philosophie de la Permaculture situe l’humain à sa place légitime, au même niveau que les autres êtres vivants ; ce qui a beaucoup de sens pour moi, je m’y retrouve complètement. 


Cette philosophie est tellement créative et complète qu’il existe un outil de conception qui permet d’appliquer celle-ci à des projets bien concrets : le design. Le mode de réflexion du design suit la même logique que la conception de projets de génie civil (ce que je connaissais) mais intègre des principes nobles et valorisables pour la biodiversité dans le but, entre-autres de production alimentaire et offre aussi des solutions pérennes pour l’ensemble des activités humaines.  


Il m’a fallu par contre apprendre à prendre le temps et à accepter le « ça dépend » de chaque situation. Prendre le temps d’observer un lieu, des gens, des situations, pour en capter le meilleur, les besoins et trouver une synergie entre eux (chose pas facile pour une ingénieur qui pensait qu’il n’y avait qu’une réponse à chaque chose). 

Grâce à ces quelques apprentissages, je pu designer mon projet personnel et le mettre en œuvre. En tant que débutante, j’ai fait pas mal d’erreurs de conception, surtout dues au fait  que je n’avais aucune expérience en culture potagère, en petits fruits et en plantation d’arbres.  


Pendant deux ans, j’ai lu beaucoup de bouquins, suivi des formations dont celle de design avancé à la Ferme de Desnié. Mon envie d’apprendre était de plus en plus vive. J’ai eu envie de plonger dans ce monde merveilleux qu’est la création de projets nourriciers en collaboration avec la biodiversité. 




Ma tête n’étant plus dans les projets de construction depuis un bon bout de temps, j’ai fait le grand saut et pris une pause carrière pour me réorienter. Dans le même élan, j’ai proposé mes services au bureau de design en Permaculture PADIA. La complémentarité de nos compétences offre aujourd’hui une équipe riche, multidisciplinaire, qui nous permet de porter des projets de A à Z. 


Ce petit bout d’histoire personnelle ressemble à beaucoup d’autres. Vies de personnes à bout de souffle, déconnectées de leurs valeurs et de notre Terre-Mère ; en besoin de transition. Nombreux ont trouvé en la Permaculture un apaisement, une évidence qui leurs ont donné une nouvelle énergie pour se réaligner avec les valeurs qui les animent.


Une transition de société se fait ensemble, tout le monde est attendu sur le pont ; à chacun de trouver sa voie, selon sa sensibilité, ses compétences, ses envies. Des milliers de métiers sont à inventer. 


Cette période compliquée, montrant notre fragilité d’êtres humains face à un virus, va très probablement nous ramener de nouveaux adeptes de la transition ! Et vous, qu’attendez-vous ? 

Vanessa Paulus

Vanessa est mariée et mère de deux enfants. 

Elle entame des études d’ingénieur civil en 1996 à l’Université Libre de Bruxelles. 

En 2003, elle commence sa carrière sur des chantiers de génie civil en Belgique. 

Elle poursuit ses aventures pour un temps en Angleterre et en Irlande, toujours en travaillant sur chantier. 

La vie la réoriente vers un bureau d’étude spécialisé dans l’énergie. 

N’étant pas convaincue des lignes directrices des choix énergétiques belges, elle se dirige vers un bureau d’études spécialisé dans les Infrastructures : routes, égouttage, bâtiments, ponts, stations de métro.

En 2016, elle suit une formation longue de Permaculture chez Terre & Conscience.

En 2017, elle lance son projet personnel sur son terrain. Après de gros travaux de préparation du terrain (abattage de sapins, terrassements), elle crée un grand potager, une forêt-jardin (fruitière et de légumes vivaces comestibles) dans le but d’atteindre une autonomie en légumes et en fruits pour nourrir sa famille. 

En 2018, elle a la chance de suivre la formation Forêt-Jardin chez Martin Crawford à Totnes et dans la foulée, elle suit la formation en design avancé à la ferme de Desnié. Elle améliore encore son projet personnel avec des arbres et buissons peu courants. 

En 2019, Vanessa rejoint le bureau de Design en Permaculture Padia. 

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